Pour mon retour en fanfare sur le joli bleugue qui vous éblouit en ce moment-même les mirettes, je vous convie à une petite fête. Une célébration... La célébration de la médiocrité journalistique de certains pauvres hères qui aiment à cracher leur fiel derrière leur plume avec plus de sarcasme que de style....
Je m'excuse d'avance pour la longueur du texte...
Il y a peu de temps, j'eus la chance de participêr à une journée "presse" organisée par ma maison d'édition préférée à l'occasion de la sortie des deux premiers tomes de HS.
Tout excité que je fus, la bonne humeur était le maître mot de cette journée. Je fus interviewé par quelques radios nationales belges le matin, et quelques journalistes "papier" (d'apparence fort sympathiques) l'après-midi. Je dis d'apparence car en fait, après coup, j'ai eu comme une désagréable impression de me faire enfler par l'un d'entre eux...
Et puisque le cassage gratuit semble tout à fait autorisé dans le sens journaliste-artiste, et bien j'ai envie d'inverser la tendance pour une fois...
L'interview pour ce journal national s'était assez bien déroulée, dans une ambiance détendue et bon enfant. Je ne pensais pas avoir raconté trop de conneries (ce qui est plutôt rare) et mon interlocuteur semblait intéressé par ce que je lui contais... Mais les apparences sont bien souvent trompeuses....
A la lecture de la retranscription de l'interview, j'essaie tout d'abord de faire abstraction des fautes grotesques. Mais l'une d'entre elles m'interpelle. J'y parle de mes premières amours bédéistiques, Achille Talon, les oeuvres de Marcel Gotlib... Et là, PAF! La boulette criminelle. Le bougre écrit que l'on doit Achille Talon au grand Gotlib. La confusion peut évidemment prêter à rire pour tout lecteur de bd (même basique) qui se respecte, mais moi non. C'est MOI qui suis censé avoir dit ça.... Et là, c'est inacceptable. Qui plus est lorsqu'on est un soi-disant "journaliste professionnel spécialisé dans la critique de bande-dessinée"....
Je l'ai signalé très gentiment à l'auteur qui s'est donc empressé de corriger son texte. Jusqu'ici, pas de gros bobo donc....
Puis, l'homme rédige une petite critique du premier cycle de HS. Bon, de toute évidence, il n'a pas aimé. Ce n'est pas grave bien entendu, c'est son droit le plus élémentaire... Mais dans ce cas, pourquoi essayer de donner le change lors de notre rencontre?!... N'a-t-il point les "cojones" d'assumer ses goûts et ses convictions?...
Là où je me suis senti trahi, c'est en découvrant l'énorme similitude de plusieurs points de son argumentaire avec plusieurs de mes propos, et l'omission volontaire de MON argumentaire à moi, répondant à ces mises en abîme.
Par exemple, le bonhomme évoque notre choix de situer l'action de nos histoires aux States, et non en Belgique ou en France. Tout d'abord, je me demande bien ce que ça peut lui foutre, mais soit, je suis bon joueur... Lors de l'interview, je lui explique (toujours avec la gentillesse et la courtoisie qui font de moi un homme du monde) qu'habitant moi-même en Belgique, je n'ai pas très envie de dessiner des immeubles bruxellois ou namurois, qu'il m'est nécessaire de "m'évader" graphiquement (vu le temps que je passe le nez rivé sur mes planches entre 4 murs, c'est mon droit le plus élémentaire).... Je rajoute également que de toute façon, il y a maints auteurs qui font des albums se déroulant à Bruxelles ou Paris, comme François Schuiten, et qui le font bien mieux que je ne pourrai jamais le faire....
Et là, paf! Le mec, dans sa critique nauséeuse, nous claque au nez qu'il ne comprend pas ce qui motive les jeunes auteurs contemporains à situer leurs histoires au pays des cow-boys (alors que je lui avais bien expliqué MES raisons). Il en rajoute une couche en soulignant bien que Schuiten (dont j'admire le travail au passage, mais ça ne change rien) avait complètement abondé dans son sens lors d'une récente interview qu'il lui avait accordée... Je dois avouer que je ne vois pas bien le rapport. D'autant plus que j'en ai parlé moi-même au bougre lors de notre entretien... :o/
Bref, le mec m'a bien démonté mon argumentaire pour nous faire passer pour des guignols qui cédaient à quelque effet de mode, alors qu'il n'en est rien...
Et je vous fais grâce du parallèle avec l'excellent album de XIII (Toutes les larmes de l'enfer) qui se déroulait en prison de HS, dont nous avions également parlé... Et qu'il ne s'est pas gêné de nous mettre dans la gueule...
Bref...
Bien sûr, toutes les critiques sont bonnes à prendre, et des mauvaises critiques, nous en avons déjà eues (et elles ne me touchent pas des masses pour dire la vérité). Mais je déteste me faire enfler. Et surtout, j'estime qu'une mise au point personnelle s'imposait, devant la mauvaise foi flagrante du bonhomme....
Ce que j'en ai appris: il faut absolument faire gaffe à tout ce qu'on raconte en interview et faire totale abstraction de l'apparente sympathie du journaliste, qui n'hésitera pas à vous planter un coup de surin dans les côtes dès qu'il aura passé le pas de la porte...
Je me rends compte qu'il ne sera pas évident pour nombre d'entre vous de saisir tous les paramètres qui m'ont poussé à écrire les présentes lignes... Il est vrai que c'est un coup de gueule tout à fait personnel... Mais c'était histoire de replacer la mosquée au milieu du village et d'en finir une bonne fois avec la colère et l'impuissance qui me rongent de l'intérieur depuis plusieurs jours...
Je m'octroie donc ici-même un droit de réponse aux allures de coup de gueule, car après tout c'est mon bleugue-à-moi-que-j'ai et j'y écris tout ce que je veux... :o)
Et tiens, je suis bon joueur jusqu'au bout et vous mets ici-même les liens vers l'interview tout d'abord:
http://actu24.typepad.com/bdkila/2007/09/interview-gihef.html
...et vers la critique ensuite:
http://actu24.typepad.com/bdkila/2007/09/critique-haute-.html
La bise à tous.
Djaille.
mardi 2 octobre 2007
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

7 commentaires:
Salut Gihef,
Je comprends ta colère suite à l'article sur le site. J'ai deja souvent remarqué dans certains articles, que les dires des personnes interviewées étaient mal interpretées ou reproduites.
Es-tu sur qu'il s'agit d'un journaliste spécialisé BD?
A savoir, si il a aimé "Haute-Sécurité", la apparement, ce n'était pas sa tasse de thé, mais bon, on ne sais pas plaire à tout le monde.
Tout ce que je peux te dire, c'est l'engouement que j'ai entendu venant de vrais bédéphiles concernant "Haute Sécurité". La meilleure preuve est celle que tu reçois lors de tes séances de dédicaces avec TON public. Tous parlent à l'unisson de tes énormes progrès après tes aventures de "RIP" & "Enchaînés". Et je sais bien qu'avec ta nouvelle série, tu t'amuses comme un petit fou ;o)))
Bref, j'espère que ce malencontreux intermède dans ta vie d'artiste du 9ème Art avec ce journaliste va vite être oublié, pour que tu puisses continuer sereinement sur ta planche à dessins.
Ton ami Raf
Et pourquoi Peeters et Schuiten ne font pas des BD qui se déroulent aux USA ? Hein ?
Plus sérieusement, chacun son truc, et tu l'expliques très bien. D'ailleurs ce type se plante tout seul une balle dans le pied en publiant l'interview ET la critique !
Continue à t'éclater sur ta planche à dessin, et je confirme l'engouement du public que je rencontre pour "Haute Sécurité".
D'ailleurs tu devrais mettre le zozo en question en scène dans un prochain album, je suggère une scène de douche, le mec se baisse pour ramasser la savonette....
Amitiés, Philippe
bravo, ne te laisse pas emmerder par ce cuistre, on ira pas lire sa critique nous !
amicalement
OUéééééé BURN IT mec , il faut burner les vilains journalistes d'avec leur question à la con.
Chui solidaire avec la scène dans la douche.
(Tiens "HS" ca veux aussi dire "Hors Sujet").
Et moi qui croyais qu'il y avait que les zanimateurs de radio libres dont le QI n'atteingait quand de rare occasion la température anale...
Bédicalement vôtre...
Lexouille.
Je comprends ta réaction, mais le type ne mérite vraiment pas qu'on s'y attarde. Un "journaliste BD" qui ne sait pas qui est le créateur d'Achille Talon et qui ne sait pas orthographier le nom de Gotlib correctement ne mérite que du dédain, rien de plus.
Mais je comprends que tu aies réagi sur le double langage du type, sympa en apparence et qui fait son truc en douce.
J'ai vu la même chose avec un article sur Martin dans Auracan d'un type (Manuel Picaud) qui descendait tout l'univers sans discernement, alors que sur son blog il n'arrête pas d'encenser chacune des nouveautés de Jacques Martin.
Moi j'ai bien aimé HS, je trouve l'ambiance très bien rendue et le scénario qui s'intéresse au vécu des héros, j'aime! ça change de Wayne Shelton.
Pierre
Même si cela est hors-sujet, je me permets de mettre un gros bémol aux propos de Pierre en ce qui concerne les avis de Manuel F. Picaud sur son blog comme sur le site pro www.auracan.com (où l'article en question, très richement documenté et riche de discernement) a été approuvé et accepté par les meilleurs spécialistes du sujet !).
Pour en revenir au sujet principal, que Gihef ne tienne pas compte de ce genre d'avis de pseudo journaliste. La nullité de ses références BD est parlante !... Pour info, chronique des 2ers tomes ici : http://www.auracan.com/albums/album.php?album=369
Bien cordialement,
Brieg Haslé, rédacteur en chef adjoint d'Auracan.com
Bonjour Gihef !
Tout d'abord tous mes voeux pour cette nouvelle année 2008 !
Brieg m'a signalé un commentaire peu aimable à mon endroit sur ce blog dont je ne lisais habituellement que tes billets. Il suffit de se rendre sur mon blog et le site Auracan pour comprendre que nous effectuons un réel travail d'investigation et d'information, sans d'ailleurs nous cacher derrière un quelconque anonymat. Mon email et mon blog sont ouverts à tous les commentaires en direct. J'y réponds toujours. Je comprends d'autant mieux le sujet de ton article. Bien cordialement, Manuel
BD75011, le blog de Manuel F. Picaud
Chronique Haute Sécurité sur Auracan.com
Chronique sur la rentrée Martin sur Auracan.com
Enregistrer un commentaire